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| tralala(h) |
PRÉCIS D'INTRODUCTION AU LABYRINTHE
les histoires sont des paysages

1. le labyrinthe au bois dormant
Les tableaux du labyrinthe
sont des plans fixes dans lesquels les histoires sont figées en
pleine action. Tous les personnages sont immobiles et pour beaucoup,
suspendus dans le vide. Chaque tableau est un paysage, chaque
personnage est un morceau du paysage. Quiconque s’introduirait
dans le labyrinthe pourrait y progresser sans rien déranger,
sans réveiller personne. Quiconque entrant dans le labyrinthe
peut même marcher sur tous les éléments de
décor, y compris sur les personnages endormis, sans les
réveiller, sans les déranger.
2. des personnages vitrifiés
La
catatonie des personnages du labyrinthe, leur cryogénisation,
leur vitrification, les mettent à l’abri de toute
dégradation. Ils sont figés pour
l’éternité dans un repos total, rien ne peut leur
arriver, ils sont incorruptibles. Leur parfaite stabilité de
nature ne les préserve pas pour autant des courants
aériens qui les poussent d’une galerie à
l’autre, d’un paysage à l’autre. Si les
courants sont faibles, leur dérive les promène sans
dommage. Si les courants sont forts, les turbulences peuvent les
entrechoquer, les ébrécher, les casser. Pour
l’instant, tout va bien, la plupart sont entiers.

3. les métamorphoses du labyrinthe
La
vitrification des personnages, leur stabilité erratique
n’empêche pas le labyrinthe d’être en constante
évolution. Du plus petit au plus grand, de
l’éphémère au géologique, tout se
transforme. Les paysages du labyrinthe suivent des cycles saisonniers,
les décors glissent les uns contre les autres, les choses
poussent. Tout autour des personnages endormis un monde vivant
évolue doucement sans les réveiller.

4. les caméras de surveillance
Partout,
des caméras enregistrent les phases de cette évolution.
Le glissement d’un mur, la croissance d’une fleur, la
dérive des espèces flottantes, tout est enregistré.
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